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11>21 Août 2006

Lisbonne. De   l'appartement, rua Dos Remedios, en plein cœur de l'Alfama, qu'on nous a obligeamment prêté, on aperçoit le Tage, vers l'ouest, en direction de Belem. La « ville blanche » nous enchante. Je suis venu ici sans idées et sans projets. Juste y venir. Sans doute aurais-je pu prendre quelques rendez-vous, confirmer quelques contacts liés à Just a Walk, mais il m'a semblé que cette vacuité et cette disponibilité dans lesquelles je me trouve m'inscrivent plus justement dans la réalité du séjour et de la résidence. Aucun compte à rendre. Avant notre départ, j'ai parlé avec Jocelyn, mais principalement de Porto où nous avons passé deux jours. Sur son conseil, nous sommes descendus à l'hôtel de … Paris. J'ai pensé à Carla Cruz qui habite ici mais, comme à Lisbonne, je n'ai cherché à joindre personne, à l'exception de Joao Fernandez, le directeur de la Fondation Serralves, qui, absent sans doute, ne m'a pas répondu. Porto entre l'entropie et la prospective, entre ses façades lépreuses et son beau métro. Porto et Alvaro Siza : la piscine d'eau de mer de Matosinhos, sa maison dans les rochers, au bout d'une plage sans baigneurs, où nous avons mangé des tapas, son beau musée Serralves ; sans oublier, à Lisbonne, au Parc des Nations, site de l'exposition universelle de 1998, son Pavillon du Portugal. Outre la déambulation, le ravissement des yeux et les gargotes de l'Alfama, ce qui m'a véritablement plongé dans la réalité portugaise, c'est la lecture des romans de Agustina Bessa-Luis, scénariste de Manoel de Oliveira et formidable chroniqueuse de l'éternel et du contingent : Le Principe de l'incertitude , L'Âme des riches , etc.

Jean-Marc Huitorel