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Samedi 16 décembre 2006

Déjeuné chez Jocelyn. L'effervescence de la maison. Géraldine qui s'en va assister à une conférence, Noé qui passe l'après-midi chez un copain, Norah chez une copine, Hannah et Lillah qui s'impatientent avant de regarder un film sur l'ordi. Le poulet est excellent.

Guère plus qu'un mois avant l'ouverture de l'exposition à La Criée. Les pièces sont en fabrication, les principales décisions sont prises (par exemple, il n'y aura pas de son). Jocelyn évoque le périple basque avec Marcel. Tout dans ce qu'il en dit confirme leur entente et je ne m'étonne pas qu'ils se soient facilement trouvé certaine manière identique de travailler. L'idée de la publication fait son chemin. Jocelyn a imaginé une sorte d'emboîtage qui comprendrait un support numérique (DVD Rom) restituant l'essentiel du contenu du site ainsi que les vidéos, différents cahiers de textes et d'images. Un objet comme il les aime, et comme il sait les faire.

Durant l'exposition (de fin janvier à mi-mars), deux rencontres sont prévues avec le public : une conversation entre Jocelyn et moi à La Criée, le samedi 3 février puis une table ronde au CCNRB entre le chorégraphe et danseur Tiago Guedes, la philosophe et historienne Geneviève Fraisse, Larys, Jocelyn et moi, le jeudi suivant. Nous   réfléchissons   aux axes possibles de ces échanges, aux questions qui nous importent et Jocelyn remarque que depuis ces mois que se déroule le projet Just a Walk, nous avons certes été qui un artiste, qui un critique, qui un directeur de centre d'art, qui un chorégraphe, mais qu'une part essentielle de cette aventure a eu lieu ailleurs, au-delà de ces catégories et de ces fonctions convenues. Me revient alors à l'esprit une idée que je croyais avoir déjà évoquée dans les lignes de ce journal, ce dont Jocelyn doutait et que, vérification faite, n'y apparaît finalement pas. Ce qui, peut-être, pourrait définir ces mois de recherches, d'échanges, de déambulations, de voyages, mais aussi de rencontres informelles, de verres pris ensemble, de repas partagés, toutes circonstances où le travail a évidemment occupé une large place, mais aussi le plaisir et l'amitié, le plaisir de l'amitié, c'est, au bout du compte, une certaine manière de vivre. Et si, au fil du temps, nous avions constitué une sorte de territoire inédit, un paysage aux contours flous mais aux points de vue variés, un lacis de routes et de chemins de traverse, une façon de les arpenter, parfois en restant immobile ? Je ne suis pas certain de savoir davantage aujourd'hui qu'il y a un an ce qu'est une résidence, a fortiori une résidence d'artiste. Tout juste ai-je perçu quelques occurrences nouvelles, quelques situations où nous nous sommes trouvés et qui, sans ce prétexte (un projet, c'est aussi un prétexte), n'auraient pas pris cette coloration particulière et si difficile à décrire. Mais une manière de vivre, oui, à n'en pas douter.

Des nouvelles de Roddy qui ne nous oublie pas et qui projette un petit voyage à Rennes afin de préparer notre exposition de l'automne prochain. Artcup, c'est à présent certain,   n'aura pas lieu dans ce cadre, tant à cause des réserves de Roddy quant aux dates que des difficultés à boucler un budget viable. Au final, c'est donc bien sur un projet d'exposition que débouchera cette rencontre avec Jocelyn. Ce n'est pas rien.

Jean-Marc Huitorel